Le rétropédalage

Le frein à rétropédalage est un type de frein vélo ancien et assez méconnu en France, très populaire aux Pays-Bas et en Allemagne. On le retrouve encore aujourd’hui sur les vélos urbains commercialisés dans ces pays, où la bicyclette est largement utilisée en ville.
Sur un frein à rétropédalage, le mécanisme de freinage est intégré à l’intérieur du moyeu arrière. Les pièces et composants n’étant pas exposés, elles sont peu soumises à l’usure et le risque de casse est nul : on comprend clairement l’utilité d’un tel système robuste et fiable pour équiper le vélo de ville qu’on utilise tous les jours de l’année !
Ultime Bike vous propose ici d’en comprendre davantage sur ce type de frein particulier : son fonctionnement, son intérêt et sa prise en main.

Présentation du frein à rétropédalage

Généralités sur le frein à rétropédalage

Appelé aussi « frein torpédo », le frein à rétropédalage ne date pas d’hier ! Il fait partie de l’histoire du cycle et de ses composants. Le premier moyeu arrière avec système de freinage à rétropédalage intégré a été breveté en 1903 par l’entrepreneur allemand Ernst Sachs, au moment du plein essor de l’industrie du cycle en Europe.
Au cours du XXe siècle et jusqu’à aujourd’hui, le frein à rétropédalage a conservé son utilité originelle, en équipant surtout des bicyclettes du quotidien, utilitaires, pas sportives.
Ce frein est encore utilisé sur les vélos urbains classiques, comme les vélos hollandais, car il est robuste, fiable sur le très long terme, et demande aucun entretien. Il est donc bien conçu pour répondre aux besoins des cyclistes des villes qui enfourchent leur vélo tous les jours de l’année, et qui pensent avant tout fiabilité matérielle avant style ou performance.
Visible en particulier sur les vélos urbains commercialisés par les fabricants allemands, le frein à rétropédalage est moins répandu en France qu’en Allemagne ou aux Pays-Bas. Cela renvoie en partie aux « cultures vélo » de chacun, mais s’explique surtout par la réglementation française, qui exige qu’un vélo soit doté de deux systèmes de freinage indépendants, un sur chaque roue (décret n°95-937 du 24 août 1995 relatif à la prévention des risques résultant de l’usage des bicyclettes). Par conséquent, en France, les vélos dotés d’un frein à rétropédalage sont toujours équipés d’un frein avant classique sur jante.

Principe de fonctionnement

Le frein à rétropédalage est à classer dans la catégorie des freins sur moyeux, comme les freins à disque ou les freins à tambour. Son fonctionnement le rapproche clairement du frein à tambour. Le mécanisme de freinage est aussi intégré à l’intérieur du moyeu arrière, et repose sur le même principe, avec des mâchoires qui pressent contre la paroi interne du moyeu à chaque sollicitation du frein, et font ralentir la roue.
Comme le frein à tambour, il présente un bras métallique fixé sur le cadre, mais n’utilise ni câble ni levier au guidon. Le frein est directement actionné par le cycliste avec les pieds, en faisant très légèrement tourner le pédalier vers l’arrière.
On précise qu’un moyeu avec mécanisme de freinage par rétropédalage utilise un système de roue libre. Il se différencie ainsi très clairement des modèles à pignon fixe, où le mouvement du pignon est lié à celui du moyeu. Le cycliste peut donc arrêter de pédaler sans aucun problème, sans risquer de bloquer instantanément la roue arrière.
Enfin, si les premiers moyeux avec frein à rétropédalage étaient mono-vitesse, on en trouve aujourd’hui à plusieurs vitesses intégrées (jusqu’à 9 vitesses pour le moyeu Sram i-Motion 9). Aucun frein à rétropédalage n’est compatible avec les dérailleurs classiques.

Les avantages du frein à rétropédalage

Le frein à rétropédalage promet une longue durée de vie et règle tous les soucis mécaniques du cycliste avec son système de freinage ! Il n’a besoin d’aucun entretien régulier, puisque son mécanisme est protégé de l’usure à l’intérieur du moyeu et qu’il n’y a ni câble ni levier à régler. Il n’est pas exposé à la casse, aux infiltrations d’eau ou de boue, et reste efficace sous la pluie.

Comment gérer un frein à rétropédalage ?

Parce qu’il n’utilise pas de levier au guidon comme la plupart des freins de vélo, et s’actionne avec les pieds au niveau du pédalier, un frein à rétropédalage nécessite un certain temps d’adaptation pour un novice. Sa bonne maîtrise reste une question d’habitude, et la phase d’apprentissage peut réserver quelques petits pièges que l’on peut facilement éviter en anticipant au mieux les choses.
Il faut principalement savoir qu’après avoir actionné le frein, une fois la bicyclette arrêtée, il n’est pas possible de changer la position des manivelles/pédales. Sur des arrêts précipités ou par manque d’expérience du rétropédalage, le cycliste pourra ainsi retrouver ses manivelles à la verticale, qui rendront le redémarrage plus délicat, en particulier en montée, puisque le premier appui sur la pédale sera plus difficile à trouver ! On conseille donc d’anticiper au mieux les événements pour éviter cet écueil, en ralentissant à l’approche des points chauds (feux rouges, carrefours, changements de direction…), plutôt que de s’exposer au risque d’un arrêt précipité.
Enfin, pour les cyclistes urbains que se poseraient la question du ressenti du freinage, on précise qu’il est plutôt souple tout en restant puissant. Quant à son actionnement, il ne s’agit évidemment pas de « pédaler en arrière » mais d’appuyer très légèrement sur les pédales, dans le sens contraire du pédalage.
Comme tout frein arrière, le frein à rétropédalage peut provoquer le dérapage de la roue arrière, surtout s’il est sollicité dans la précipitation, avec force.

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